Le Centre d’analyse et de recherche en droits humains (CARDH) a organisé ce jeudi la conférence de la Table Sectorielle sur la Sécurité, consacrée à la transformation de la MMAS en Force de Répression des Gangs.
Alors que l’insécurité persiste en Haïti où les violences perpétrées par les gangs armés terroristes sont devenues de plus en plus intenses, l’heure est davantage consacrée au processus visant à trouver ensemble les mécanismes pour combattre efficacement les gangs. C’est dans cet optique que le Centre d’analyse et de recherche en droits humains (CARDH) a organisé ce jeudi à l’hôtel Karibe la Table Sectorielle sur la Sécurité (TSS).
Centrée sur la transformation de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMS) en Force de Répression des gangs (FRG), cette rencontre stratégique a rassemblé des représentants de l’Organisation des Etats américains (OEA), de l’ONU, des autorités judiciaires du pays, de la Police Nationale d’Haïti (PNH), des Forces Armées d’Haïti (Fad’H) et de la société civile.
Prenant également part aux assises, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a soutenu que la mise en place de la nouvelle force constitue un signal d’espoir pour la population haïtienne, en ouvrant une nouvelle phase dans la lutte contre la criminalité et la reconquête du territoire.
Depuis environ deux ans, les gangs armés qui terrorisent quotidiennement la population haïtienne ont occupé la majeure partie de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, empêchant la libre circulation des personnes et des biens, tout en paralysant les activités. L’ensemble des institutions publiques ont été contraintes de quitter le centre-ville de Port-au-Prince pendant que d’autres ont dû fermer leurs portes après qu’ils eurent subi le courroux des bandits armés.
Les derniers rapports fournis par divers organismes des Nations Unies et des organisations locales de défense des droits humains laissent entendre qu’au moins 1,4 millions de personnes sont déplacées internes (PDI) alors que les violences continuent de faire davantage de victimes.
Depuis fin septembre dernier, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a approuvé la transformation de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMS), en pleine difficulté en Haïti, en une force militaire beaucoup plus robuste appelée « Force de Répression des gangs ». Celle-ci opère dans la nation francophone des Caraïbes depuis environ un mois, et les autorités concernées se sont entendus pour admettre que des résultats sur le terrains sont assez convaincants dans un contexte où les forces de l’ordre doivent vite rétablir un climat de sécurité pour l’organisation des élections libres.
« La sécurité demeure la condition essentielle à la tenue des prochaines élections, étape incontournable pour consolider les institutions et rétablir la vie démocratique. » a rappelé le chef du gouvernement lors de la Table Sectorielle, tout en réaffirmant son engagement a appuyer les forces de l’ordre qui combattent l’insécurité persistante.
Dans son discours de circonstance, le Premier ministre a également insisté sur la nécessité d’une unité nationale renforcée, « seule capable de soutenir les forces de sécurité, de lutter contre l’impunité et de rétablir l’autorité de l’État.» a-t-il déclaré.
La ténue de la Table Sectorielle sur la Sécurité (TSS) intervient dans un contexte où la transition politique est de plus en plus fragilisée par des luttes intestines et des tentatives de renverser le chef du gouvernement. Alors que les autorités concernées sont appelées à organiser au plus vite les élections libres, la situation à laquelle fait face la transition sape les efforts entrepris pour combattre l’insécurité partout en Haïti. Des acteurs qui prennent part aux assises ont appelé donc à l’unité au sein du gouvernement pour assurer une bonne fin au processus de transition en cours dans la nation francophone des Caraïbes.