Le Directeur Général par intérim de la Police Nationale d’Haïti (DGPNH), André Jonas Vladimir Paraison a attesté vendredi la vulnérabilité historique de l’institution policière face à l’évolution de la crise sécuritaire qui perdure dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince ainsi que dans d’autres villes de province.
Depuis environ six ans, l’insécurité qui bat son plein dans la capitale haïtienne comme dans d’autres communes d’Haïti, alimente les débats publics dans la nation francophone des Caraïbes. Les violences deviennent monnaie courante à Port-au-Prince comme partout ailleurs. Une situation sécuritaire qui devient davantage alarmante.
Alors que la crise sécuritaire persiste, la Police Nationale d’Haïti (PNH) a demeuré depuis un certain temps, l’unique force appelée à lutter quotidiennement contre les gangs armés dans un contexte où l’institution policière a fait face à des manques criants.
Si des experts ont beau souligné les manques de ressources de la Police Nationale d’Haïti (PNH), placée en première ligne dans la lutte contre l’insécurité persistante, ce n’est que ce vendredi que le Directeur Général par intérim, André Jonas Vladimir Paraison a attesté la vulnérabilité historique de l’institution policière face à l’évolution de la menace.
Lors d’une conférence dressant le bilan de ses cent premiers jours à la tête de la Police Nationale d’Haïti (PNH), le DG Paraison a livré un constat sans détour en ce qui concerne le combat que mené l’institution policière contre l’insécurité persistante. Selon le numéro un de la Police haïtienne, cette dernière tente seulement aujourd’hui de rattraper un retard critique face à l’évolution de la crise sécuritaire.
« La Police n’avait jamais été préparée au combat urbain, ni formée aux techniques de guérilla urbaine, encore moins aux opérations en terrain ouvert » a-t-il reconnu, tout en soulignant la montée rapide en puissance des organisations criminelles.
« Les gangs sont très bien informés et savent exactement ce qu’ils font. Avec l’argent issu des rançons de kidnapping, ils ont pu recruter et former leurs propres hommes, ce qui rend l’affrontement encore plus complexe pour nos unités » a ajouté le DG a.i. de la Police Nationale d’Haïti.
Paraison a aussi reconnu que les formations dont bénéficient des agents de diverses unités au sein de la Police haïtienne contribuent au renforcement des capacités opérationnelles de l’institution policière dans ce contexte marqué par l’évolution inquiétante de l’insécurité persistante.
Plusieurs années depuis que l’insécurité bat son plein dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince ainsi que dans d’autres villes de province, des partenaires internationaux de la Police Nationale d’Haïti (PNH), notamment le Canada et la France, offrent des formations spécialisées aux forces de l’ordre.
Les partenaires fournissent aussi des soutiens financiers et logistiques pendant que l’institution policière demeure engagée, aux côtés de la Force de Répression des gangs (FRG), autrefois Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMS), dans la lutte quotidienne contre l’insécurité.