Les gangs armés continuent d’instaurer un climat de terreur dans l’Artibonite, où les massacres contre la population civile se multiplient. Face aux violences dans la région considérée comme le grenier d’Haïti, un responsable a soutenu que la Police n’est pas assez équipée.
Alors que l’insécurité bat son plein dans l’Artibonite, le plus grand département d’Haïti en superficie, plus d’un s’interrogent sur les mesures prises par la Police Nationale d’Haïti (PNH) pour rétablir un climat de sécurité dans la région considérée comme le grenier de la nation francophone des Caraïbes dans un contexte où les bandits criminels ont intensifié leurs violences dans la zone.
Si le Directeur Général par intérim de la Police Nationale d’Haïti (DGPNH) avait soutenu vendredi que l’institution policière a renforcé sa présence dans cette zone davantage prise pour cible par les bandits, le dernier massacre orchestré dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 novembre par le groupe armé de Savien « Gran Grif » contre les résidents de Pont-Sondé, réfutent les déclarations du numéro un de l’institution appelée à protéger et servir.
Un peu plus de vingt-quatre heures après l’attaque meurtrière, la population a foulé le macadam, dans la commune avoisinante de Saint-Marc, exigeant les responsables à mener des actions fortes pour combattre une fois pour toute les bandits qui terrorisent le Bas-Artibonite.
Faisant face à la colère des protestataires, le commissaire du gouvernement de la juridiction de Saint-Marc, Me. Venson François a laissé entendre aux micros de la presse que la Police n’est pas assez équipée dans l’Artibonite pour contrecarrer les gangs armés.
« Nous sommes en sous-effectif, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, nous ne disposons de rien au niveau de la localité. Ce sont les responsables au niveau de l’État central qui prennent les décisions » a-t-il déclaré.
Me Venson a aussi souligné qu’il a récemment rédigé un rapport au ministre de la sécurité publique dans lequel il a fait mention du manque criant de ressources de la Police Nationale d’Haïti (PNH) qui mène des opérations anti-gangs au niveau du Bas-Artibonite.
Cette déclaration du commissaire du gouvernement de la juridiction de Saint-Marc intervient un peu plus de vingt-quatre heures après que le gang armé « Gran Grif » a attaqué une fois de plus la localité avoisinante de Pont-Sondé. L’attaque a fait au moins une dizaine de morts, selon les responsables locaux. Ils ont aussi recensé plusieurs dizaines de blessés, tous transportés dans des centres hospitaliers pour recevoir les soins que leurs cas nécessitent. Ils ont aussi noté que les bandits ont incendié plusieurs centaines de maisons.
Face aux violences perpétrées par les bandits terroristes, les résidents de Pont-Sondé se sont réfugiés dans des abris de fortune erigés dans la Cité de Nissage Saget. Manquant de tout, et très remontés contre l’inaction des forces de l’ordre en dépit des menaces des bandits, les résidents ont manifesté ce lundi.