Mort de Stephora en RD : la Fondation Zile confirme qu’elle était victime de harcèlement scolaire

Mort de Stephora en RD : la Fondation Zile confirme qu’elle était victime de harcèlement scolaire

La mort de Stephora, une fillette de 11 ans, en mi-novembre dans des circonstances troublantes, continuent de soulever l’indignation de plus d’un en Haïti. Alors que l’on cherche encore à élucider les circonstances du drame, la Fondation Zile a confirmé qu’elle était victime de harcèlement scolaire.

Stephora Anne-Mircie Joseph, de son nom complet, est une jeune fille décédée le 14 novembre dernier lors d’une excursion scolaire en République Dominicaine, plus précisément dans une piscine du centre de loisirs Hacienda Los Caballos, dans la municipalité de Gurabo, province de Santiago. Alors que les autorités dominicaines mènent l’enquête pour déterminer les circonstances du drame, plus d’un en Haïti continuent d’exprimer leur indignation, dénonçant le racisme en terre voisine.

Selon la Fondation Zile, la jeune fille était victime de harcèlement de la part de ses camarades de classe. Le directeur exécutif de l’organisme, Edwin Paraison a averti que les mesures prises contre le harcèlement étaient superficielles et insuffisantes.

« Stephora était victime d’harcèlement scolaire, prétendument en raison de sa couleur de peau et de son origine, ce que la mère avait déjà signalé aux autorités de l’école Leonardo Da Vinci. » a-t-il expliqué lors d’une interview accordée au média dominicain Diario Libre, soulignant que les plaintes n’ont abouti qu’à un avertissement adressé à l’un des élèves concernés.

Paraison a soutenu que ces mesures prises contre le harcèlement scolaire sont « superficielles » et « insuffisantes », et a appelé les autorités concernées à « aller plus loin », soulignant que le problème touche de nombreuses écoles du pays, en particulier celles où fréquentent des Haïtiens.

« Les autorités dominicaines doivent aborder ce problème par des campagnes et des politiques d’inclusion claires.» a-t-il avancé.

Environ quinze jours après le décès de sa jeune fille, Lovelie Joseph, la mère de la jeune Stéphora, n’arrive toujours pas à faire son deuil. C’est ce qu’elle a indiqué lors d’une intervention ce lundi sur les ondes de la Radio Magik9.

« Je suis tombée des nues. Je ne peux pas encore accepter que Stéphora ne soit plus là. On avait nos routines. J’entends encore sa voix à 5h du matin qui me disait que c’est l’heure de se préparer. Je m’imagine encore à préparer sa boîte à lunch le matin et à l’attendre à l’entrée de la maison dans l’après midi. Je ne peux pas encore faire le deuil. » a-t-elle expliqué.

Lovelie a laissé entendre que sa fille est décédée dans des circonstances troublantes, où on ne lui donne aucune explication, ni l’accès de voir la vidéo de ce qui s’est passé le jour du décès de la jeune fille. Revenant sur le drame, elle a raconté qu’elle avait reçu en fin de matinée un premier appel l’informant que sa fille avait un malaise, et que peu de temps après, un second appel avait renforcé ses inquiétudes.

« À mon arrivée sur les lieux, j’ai découvert une scène chaotique avec des mouvements inhabituels : présence policière renforcée, ambulances, etc. Choquée, je suis restée impuissante à attendre qu’on me donne des nouvelles de ma fille chérie. Aucun responsable de l’école ne m’a fourni d’explication. C’est finalement un policier qui m’a annoncé le décès de Stéphora. » a-t-elle expliqué, soulignant que sa fille était, très brillante et toujours parmi les meilleures de sa classe.

« Je suis exaspérée » a-t-elle lâché.

Selon le media dominicain Diario Libre, les autorités poursuivent leur enquête jusqu’à maintenant, notamment la procureure générale de la République, Yeni Berenice Reynoso, qui a chargé la Direction nationale de l’enfance, de l’adolescence et de la famille (Dinnaf) et le service des poursuites du ministère public de renforcer les investigations relatives à cette affaire.

Le Directeur exécutif de la Fondation Zile a soutenu que l’enquête devait tenir compte de la nature des personnes impliquées.

« Pour nous, il est clair qu’un interrogatoire ou toute autre méthode appropriée doit être envisagé, car il s’agit d’enfants », a-t-il déclaré.

Pendant que le décès tragique de Stephora suscite encore indignation en Haïti comme en république voisine, la famille, des organisations de défense des droits humains et des personnalités publiques exigent une enquête approfondies. Elles réclament également justice et des mesures de protection efficaces dans les écoles en République Dominicaine où les Haïtiens continent d’être victimes des actes racistes et discriminatoires.

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