Port-au-Prince, 25 février 2026 — Le gouvernement haïtien affirme vouloir intensifier la lutte contre l’insécurité après une réunion stratégique de haut niveau présidée par le ministre de la Justice Patrick Pélissier, qui assure l’intérim à la Primature en l’absence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Les autorités annoncent une coordination renforcée avec la Police nationale d’Haïti et les collectivités locales afin de tenter de reprendre le contrôle sécuritaire dans plusieurs zones du pays.
Selon les informations communiquées par le ministère de la Justice et de la Sécurité publique, la rencontre a rassemblé le haut commandement de la police, des représentants de l’État central ainsi que des autorités municipales, dont le maire de Delmas, Wilson Jeudy. Les discussions ont porté sur la réorganisation du dispositif policier et l’amélioration de la coordination entre les directions opérationnelles, notamment la police judiciaire et les directions départementales de l’Ouest. L’objectif affiché est d’optimiser les patrouilles, renforcer les points de contrôle et développer des opérations ciblées basées sur le renseignement.
Les autorités évoquent également une intensification des actions de prévention et de répression dans les dix départements du pays, ainsi qu’un renforcement du contrôle interne des agents de police et de leur identification sur le terrain. Cette stratégie vise, selon le gouvernement, à restaurer l’autorité de l’État et à améliorer la confiance entre la population et les forces de l’ordre, dans un contexte marqué par la persistance de la violence armée et des enlèvements dans plusieurs régions.
Le gouvernement met aussi en avant le rôle de la population dans les mécanismes d’alerte et la coopération avec les institutions judiciaires. Les autorités estiment que cette coordination entre citoyens, collectivités territoriales et institutions sécuritaires pourrait contribuer à stabiliser progressivement la situation et créer un climat plus favorable à l’organisation d’élections générales jugées crédibles et inclusives.
Toutefois, plusieurs observateurs soulignent que l’efficacité de ces annonces dépendra de leur mise en œuvre concrète et des ressources disponibles pour les forces de sécurité. Dans un pays confronté depuis plusieurs années à une crise sécuritaire profonde, les précédentes stratégies gouvernementales ont souvent été freinées par des contraintes logistiques, institutionnelles et politiques. La réunion marque néanmoins une nouvelle tentative des autorités de montrer une mobilisation de l’État face aux défis sécuritaires majeurs auxquels Haïti est confrontée.