ÉDITORIAL | 542 millions de dollars et le silence de l’État

ÉDITORIAL | 542 millions de dollars et le silence de l’État

ÉDITORIAL – 3 Mars 2026 | 542 millions de dollars et le silence de l’État

Dans un pays où chaque gourde publique est censée être pesée avec rigueur, la validation d’un contrat sécuritaire de plus de 542 millions de dollars dans des conditions jugées opaques ne peut être traitée comme une simple formalité administrative. Elle pose une question fondamentale : qui contrôle encore l’usage des fonds publics en Haïti ?

Le gouvernement justifie implicitement ces choix par l’urgence sécuritaire. Personne ne conteste la gravité de la situation. Les gangs étendent leur emprise, l’économie suffoque et la population vit sous tension permanente. Mais l’urgence ne peut devenir un alibi pour contourner les principes de transparence, de concurrence et de redevabilité. L’absence de Parlement ne saurait signifier l’absence de contrôle.

Plus troublant encore est le contraste entre les montants engagés et les résultats visibles. Si des dizaines de millions ont déjà été dépensés pour des opérations technologiques et sécuritaires, la réalité sur le terrain demeure inchangée pour la majorité des citoyens. L’insécurité persiste, les chefs de gangs ne sont pas neutralisés et l’État semble toujours en position défensive.

Le choix de recourir à des firmes étrangères, sur une durée décennale, interroge également la vision stratégique du pays. Renforce-t-on durablement les institutions nationales Police et Forces armées ou installe-t-on une dépendance sécuritaire à long terme ? Un contrat de dix ans dépasse une simple réponse d’urgence ; il engage la souveraineté.

La Cour des comptes, en validant ce dossier après avoir relevé des irrégularités, se retrouve au cœur d’un débat institutionnel délicat. Dans un contexte où la confiance envers les institutions est déjà fragile, chaque décision doit être irréprochable. Or, l’opacité nourrit le soupçon, et le soupçon alimente la défiance.

Il ne s’agit pas ici de nier la nécessité d’agir contre l’insécurité. Il s’agit d’exiger que la lutte contre le chaos ne se fasse pas au prix de la transparence. Car l’histoire récente d’Haïti montre une constante : les contrats mal expliqués finissent souvent par fragiliser davantage l’État qu’ils ne le renforcent.

La question n’est donc pas seulement budgétaire ou sécuritaire. Elle est institutionnelle. Un pays peut-il reconstruire l’autorité publique en contournant les mécanismes de contrôle ? Peut-on restaurer la confiance sans rendre de comptes ?

Dans une démocratie, même fragile, l’efficacité ne doit jamais remplacer la légitimité. Et sans légitimité, aucune stratégie sécuritaire ne peut tenir dans le temps.

Dans un pays où chaque gourde publique est censée être pesée avec rigueur, la validation d’un contrat sécuritaire de plus de 542 millions de dollars dans des conditions jugées opaques ne peut être traitée comme une simple formalité administrative. Elle pose une question fondamentale : qui contrôle encore l’usage des fonds publics en Haïti ?

Le gouvernement justifie implicitement ces choix par l’urgence sécuritaire. Personne ne conteste la gravité de la situation. Les gangs étendent leur emprise, l’économie suffoque et la population vit sous tension permanente. Mais l’urgence ne peut devenir un alibi pour contourner les principes de transparence, de concurrence et de redevabilité. L’absence de Parlement ne saurait signifier l’absence de contrôle.

Plus troublant encore est le contraste entre les montants engagés et les résultats visibles. Si des dizaines de millions ont déjà été dépensés pour des opérations technologiques et sécuritaires, la réalité sur le terrain demeure inchangée pour la majorité des citoyens. L’insécurité persiste, les chefs de gangs ne sont pas neutralisés et l’État semble toujours en position défensive.

Le choix de recourir à des firmes étrangères, sur une durée décennale, interroge également la vision stratégique du pays. Renforce-t-on durablement les institutions nationales Police et Forces armées ou installe-t-on une dépendance sécuritaire à long terme ? Un contrat de dix ans dépasse une simple réponse d’urgence ; il engage la souveraineté.

La Cour des comptes, en validant ce dossier après avoir relevé des irrégularités, se retrouve au cœur d’un débat institutionnel délicat. Dans un contexte où la confiance envers les institutions est déjà fragile, chaque décision doit être irréprochable. Or, l’opacité nourrit le soupçon, et le soupçon alimente la défiance.

Il ne s’agit pas ici de nier la nécessité d’agir contre l’insécurité. Il s’agit d’exiger que la lutte contre le chaos ne se fasse pas au prix de la transparence. Car l’histoire récente d’Haïti montre une constante : les contrats mal expliqués finissent souvent par fragiliser davantage l’État qu’ils ne le renforcent.

La question n’est donc pas seulement budgétaire ou sécuritaire. Elle est institutionnelle. Un pays peut-il reconstruire l’autorité publique en contournant les mécanismes de contrôle ? Peut-on restaurer la confiance sans rendre de comptes ?

Dans une démocratie, même fragile, l’efficacité ne doit jamais remplacer la légitimité. Et sans légitimité, aucune stratégie sécuritaire ne peut tenir dans le temps.

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