Dans le département de l’Artibonite, considéré depuis toujours comme le grenier agricole d’Haïti, la violence des gangs armés progresse à un rythme inquiétant. Dans plusieurs localités ou communes notamment Petite Rivière de l’artibonite, Liancourt, Desarmes, Gros Morne, la croix périsse (Lestere), des groupes armés ont imposé leur contrôle, instauré des postes de péage illégaux et établi un système de domination qui paralyse la vie économique et sociale. Pendant ce temps, les autorités étatiques semblent incapables de reprendre le contrôle de ces territoires stratégiques.
L’Artibonite traverse aujourd’hui l’une des crises sécuritaires les plus graves de son histoire récente. Dans de nombreuses zones rurales, des gangs lourdement armés ont progressivement étendu leur influence, transformant certaines communes en véritables territoires sous contrôle criminel. Des barrages sont installés sur les routes, où les habitants sont contraints de payer pour circuler. Les paysans, principaux acteurs de la production agricole nationale, ne peuvent plus accéder librement à leurs terres.
Cette situation a provoqué un déplacement massif de populations. Depuis plusieurs années, de nombreuses familles ont été contraintes d’abandonner leurs maisons, leurs champs et leurs bétails pour fuir les violences. Certains ont trouvé refuge aux Gonaïves, Cap-Haïtien, Saint Marc , Desdunes , verrettes, d’autres ont rejoint la République dominicaine, tandis que plusieurs cherchent encore un lieu sûr où se reconstruire. Pour ceux qui restent, la vie quotidienne est devenue une lutte permanente pour survivre.
Les témoignages recueillis dans la région décrivent un climat de terreur. Des maisons incendiées, des vols de bétail, des extorsions systématiques, des agressions et des violences sexuelles sont régulièrement rapportés. Dans plusieurs localités, les gangs imposent leur propre ordre, se substituant de facto aux institutions publiques. Ils jugent, sanctionnent et décident du sort des habitants, installant ainsi une forme de pouvoir parallèle.
Les conséquences de cette crise dépassent largement la question sécuritaire. L’Artibonite demeure la principale zone de production de riz en Haïti. Lorsque les paysans ne peuvent plus travailler leurs terres, c’est toute la sécurité alimentaire du pays qui se retrouve menacée. Les marchés locaux fonctionnent au ralenti, les échanges commerciaux se raréfient et le coût de la vie continue d’augmenter pour une population déjà fragilisée par des années de crise économique.
Face à cette situation alarmante, le silence et l’inaction apparente des autorités inquiètent profondément les habitants de la région. Beaucoup dénoncent un abandon progressif de l’Artibonite par l’État, alors même que ce territoire joue un rôle essentiel dans l’équilibre économique et alimentaire du pays.
Dans ce contexte, des voix s’élèvent pour appeler à une mobilisation urgente. Les organisations de défense des droits humains, les institutions nationales et la communauté internationale sont invitées à porter une attention particulière à la situation dramatique que vivent les habitants de ces zones rurales. Plusieurs acteurs locaux plaident également pour la mise en place d’une force spéciale capable de rétablir l’autorité de l’État, sécuriser les zones agricoles et permettre aux paysans de reprendre leurs activités.
Car au-delà de la tragédie humaine qui se joue aujourd’hui dans l’Artibonite, c’est aussi l’avenir agricole d’Haïti qui est en jeu.
Dans les localités , Petite Rivière de la l’artibonite, Liancourt, Desarmes, Gros Morne, la croix périsse (Lestere) etc, les habitants lancent un appel pressant à la nation et au monde. Leur message est simple et grave : ils ne peuvent plus vivre sous la domination des gangs. Reste désormais une question fondamentale : combien de temps encore l’Artibonite devra-t-elle attendre avant que des actions concrètes ne soient engagées pour restaurer la sécurité et protéger le grenier d’Haïti ?