Deux cent cinquante policiers kenyans ont quitté le territoire haïtien le lundi 23 mars 2026, marquant le retrait progressif de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMSS), rebaptisée Force de Frappe contre les Gangs (FSG). Un départ qui sonne comme un rendez-vous manqué avec l’espoir.
Arrivés en grande pompe, salués comme un tournant décisif dans la lutte contre les gangs armés qui paralysent Haïti, les éléments kenyans s’en vont sans que la situation sécuritaire du pays ne soit fondamentalement transformée. La cérémonie de départ, tenue dans le salon diplomatique de l’Aéroport International Toussaint Louverture en présence de hauts responsables de la PNH, de diplomates américains, onusiens et canadiens, ainsi que du commandant en chef de la MMSS, l’Inspecteur Général Godfrey Otunge, n’a pas suffi à masquer l’amertume d’un bilan en demi-teinte. Les gangs contrôlent toujours de larges pans du territoire national, et la population civile continue de payer le prix fort d’une insécurité endémique.
Mandatée pour appuyer la Police Nationale d’Haïti dans sa lutte contre les organisations criminelles et restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, la mission n’aura que partiellement rempli ses objectifs. Si quelques opérations ponctuelles ont été menées, aucune reconquête territoriale durable n’a été enregistrée. Les zones sous emprise des gangs restent, pour l’essentiel, hors d’atteinte. Ce départ soulève une question douloureuse : après tant de sacrifices et d’espoirs placés dans cette force internationale, Haïti se retrouve-t-il au point de départ ?
L’histoire retiendra que la communauté internationale a répondu présente mais qu’une présence ne suffit pas quand manquent la stratégie, les moyens et la volonté collective d’aller jusqu’au bout.