HAÏTI : WASHINGTON OFFRE JUSQU’À 3 MILLIONS DE DOLLARS POUR DÉMANTELER LES GANGS « VIV ANSANM » ET « GRAN GRIF », DÉSIGNÉS ORGANISATIONS TERRORISTES

Gangs Armés

Port-au-Prince, 25 mars 2026 (Presslakay) — Le Département d’État américain a annoncé une récompense pouvant atteindre trois millions de dollars pour toute information permettant de perturber les mécanismes de financement des organisations criminelles haïtiennes Viv Ansanm et Gran Grif, toutes deux officiellement désignées par Washington comme des organisations terroristes étrangères (FTO — Foreign Terrorist Organizations).

L’offre est émise dans le cadre du programme Rewards for Justice (RFJ), dispositif fédéral créé en 1984 par le Département d’État pour lutter contre les menaces à la sécurité nationale des États-Unis. En plus de la récompense financière, une relocalisation peut être accordée aux informateurs dont la sécurité serait compromise.

Viv Ansanm : une alliance de gangs responsable de massacres et de la déstabilisation de l’État

Fondée en septembre 2023, Viv Ansanm est une coalition née de la fusion des deux principales factions criminelles opérant dans la région métropolitaine de Port-au-Prince : le G-9 et le G-Pép. Depuis sa création, l’alliance s’est rendue responsable d’une campagne de violence systématique dirigée contre les institutions de l’État haïtien, commissariats de police, établissements pénitentiaires, hôpitaux ainsi que contre l’aéroport international Toussaint Louverture, paralysé pendant plusieurs mois.

L’organisation est tenue directement responsable de massacres et de viols collectifs commis sur des civils haïtiens, y compris sur des ressortissants américains présents en Haïti. Ses sources de revenus reposent principalement sur l’extorsion systématique des populations, les enlèvements contre rançon et le trafic d’armes. Le recrutement forcé notamment d’enfants constitue l’un de ses principaux modes de recrutement.

La montée en puissance de Viv Ansanm a directement pesé sur la trajectoire politique du pays : sous la pression conjuguée de l’insécurité et des violences orchestrées par l’alliance, le Premier ministre haïtien de l’époque, Ariel Henry, avait été contraint de démissionner en avril 2024.

Gran Grif : de l’instrument électoral au gang terroriste

Implantée dans le département de l’Artibonite, Gran Grif est présentée par Washington comme la plus grande organisation criminelle de cette région stratégique, qui concentre l’essentiel de la production agricole du pays. Le groupe a été fondé vers 2016 par l’ancien député haïtien Prophane Victor, qui avait armé des jeunes hommes de Petite Rivière de l’Artibonite pour asseoir son influence politique et faciliter sa propre élection.

Ce qui n’était à l’origine qu’un groupe armé au service d’ambitions électorales s’est progressivement transformé en organisation criminelle autonome, dont l’emprise sur l’Artibonite n’a cessé de s’étendre. Gran Grif a depuis lors mené des attaques contre la Police nationale d’Haïti (PNH) et contre les forces de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies. En février 2025, une attaque attribuée au groupe a coûté la vie à un officier kényan déployé dans le cadre de cette mission.

Les membres du gang sont accusés d’enlèvements, d’assassinats, de viols sur des femmes et des enfants, de recrutement forcé de mineurs, de pillages, d’extorsions et de vols de récoltes et de bétail. Dès 2023, les Nations unies avaient formellement accusé Gran Grif de violations graves des droits humains.

Des désignations aux conséquences juridiques immédiates

En mai 2025, le Département d’État avait officiellement désigné Viv Ansanm et Gran Grif comme organisations terroristes étrangères (FTO) en vertu de l’article 219 de la loi américaine sur l’immigration et la nationalité, et comme terroristes mondiaux spécialement désignés (SDGT) en application du décret présidentiel 13224.

Ces désignations entraînent des effets juridiques directs : tous les avoirs des deux organisations présents sur le territoire américain ou sous le contrôle d’une personne de nationalité américaine sont immédiatement gelés. Tout citoyen américain qui effectuerait des transactions avec ces entités, ou leur fournirait sciemment un soutien matériel, s’expose à des poursuites pénales au titre de la législation antiterroriste américaine.

Les informateurs invités à contacter le RFJ en toute confidentialité

Le programme *Rewards for Justice* précise les types d’informations recherchées en priorité : les entreprises, comptes bancaires et investissements détenus ou contrôlés par les deux organisations ; les contributions de leurs donateurs et facilitateurs financiers ; les transactions réalisées par des institutions financières ou des bureaux de change à leur profit ; les sociétés écrans agissant en leur nom ; les activités liées aux enlèvements contre rançon ; ainsi que tout transfert d’argent, d’armes, de munitions ou de drones en direction de ces groupes.

Toute personne disposant d’informations pertinentes est invitée à contacter le programme *Rewards for Justice* via les applications Signal, WhatsApp ou Telegram, au numéro +1-202-702-7843. La confidentialité des informateurs est garantie. Des informations complémentaires sont disponibles sur le site officiel du programme : www.rewardsforjustice.net

Depuis sa création, le programme a versé plus de 250 millions de dollars à plus de 125 informateurs à travers le monde ayant fourni des renseignements exploitables ayant contribué à neutraliser des menaces contre la sécurité nationale américaine.

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