Haïti : des maisons rasées près de l’ambassade américaine à Tabarre, le gouvernement garde le silence

Haïti : des maisons rasées près de l'ambassade américaine à Tabarre, le gouvernement garde le silence

La démolition de plusieurs habitations dans les environs immédiats de l’ambassade des États-Unis à Tabarre alimente une vive polémique en Haïti. Des riverains mettent en cause des agents qu’ils présentent comme liés à la mission diplomatique américaine.

Lors d’une conférence de presse tenue le 18 mars 2026 à Tabarre 48, des propriétaires sinistrés ont dénoncé une opération conduite par des engins lourds du Ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), sous la protection de la Police nationale d’Haïti. Selon leurs témoignages, les faits remonteraient au 4 février 2026. Des habitants, qui affirment avoir été déplacés depuis plusieurs années en raison des violences de gangs, soutiennent avoir été empêchés de regagner leurs domiciles lors de l’opération. Certains témoins affirment également avoir vu des individus circulant à bord de véhicules blindés, qu’ils identifient comme étant des agents de l’ambassade américaine.

Les résidents affirment que leurs maisons, restées intactes pendant leur absence, ont été détruites et que des biens personnels ainsi que des véhicules ont été pillés au cours de l’opération.

Face à cette situation, plusieurs organisations de la société civile dont le Collectif des Organisations de la Plaine en Action (COPA), la Fédération des Organisations Rêvées et Conscientisées pour Édifier et Servir (FORCES) et le Sant Kal Levèk (SKL) — dénoncent une atteinte grave aux droits des citoyens et évoquent une responsabilité partagée entre les institutions publiques et les acteurs impliqués dans l’opération.

Ces organisations réclament l’arrêt immédiat de toute démolition supplémentaire, l’indemnisation des victimes et la reconstruction des maisons détruites ou, à défaut, des solutions de relogement dignes pour les familles affectées. Elles déplorent l’absence totale de communication des autorités haïtiennes, qui n’ont ni consulté les victimes ni fourni d’explications sur les circonstances de l’opération.

Les autorités municipales ont évoqué de leur côté une confusion sur le statut juridique de certaines constructions ou une autorisation limitée visant des bâtiments jugés dangereux, sans apporter de précisions supplémentaires.

Les organisations signataires indiquent avoir saisi des instances internationales, appelant à une clarification rapide sur les responsabilités. Des acteurs locaux signalent par ailleurs que ce projet de démolition remonterait à plusieurs années, mais aurait été relancé dans un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements forcés et l’absence de protection des biens des déplacés.

En l’absence de réponse officielle claire de l’État haïtien comme de l’ambassade américaine, cette affaire met en lumière les tensions autour des droits fonciers, de la transparence des opérations publiques et de la responsabilité des acteurs nationaux et internationaux en Haïti.

LIRE AUSSI

Leave a Comment

PressLakay