Cannes 2026 : Gessica Généus revient sur la Croisette avec Marie Madeleine, un film haïtien au cœur des fractures sociales

Gessica Généus au photocall du Festival de Cannes, lors de la présentation de Freda en 2021. La réalisatrice haïtienne revient sur la Croisette en 2026 avec Marie Madeleine, sélectionné en Cannes Première.

Cinq ans après la sélection de Freda à Cannes, la réalisatrice haïtienne Gessica Généus signe un retour remarqué au Festival de Cannes 2026 avec Marie Madeleine, retenu dans la sélection officielle, section Cannes Première. Tourné à Jacmel et ancré dans les tensions sociales, religieuses et intimes de la société haïtienne, ce deuxième long-métrage de fiction confirme la place grandissante du cinéma haïtien dans les grands rendez-vous internationaux.

Cinq ans après la sélection internationale de Freda, présenté en 2021 dans la section Un Certain Regard, Gessica Généus retrouve la Croisette avec une nouvelle fiction qui prolonge son regard sur Haïti, entre réalisme social et portrait sensible de personnages pris dans des rapports de force collectifs. La présence de Marie Madeleine dans la sélection officielle 2026 a été confirmée dans le complément annoncé par le Festival de Cannes cette semaine.

Cannes 2026 : Gessica Généus revient sur la Croisette avec Marie Madeleine, un film haïtien au cœur des fractures sociales
Marie Madeleine film

Avant sa mise en production, Marie Madeleine a bénéficié de l’accompagnement de La Résidence du Festival de Cannes, un dispositif destiné à soutenir l’écriture et le développement de projets de jeunes cinéastes internationaux. Le dossier du film précise également qu’il est produit par SaNoSi Productions, dans une configuration de production liant Haïti et la France.

Situé à Jacmel, le film déploie une intrigue centrée sur les tensions morales et sociales d’une communauté. Selon les éléments de présentation du projet, l’installation d’une église évangélique en face d’un bordel met le feu à un fragile équilibre local et nourrit une montée des tensions morales, sociales et religieuses. Au cœur de cette ligne de fracture, une relation d’amitié se développe entre la protagoniste et le fils du pasteur, un jeune homme forcé de cacher son homosexualité dans un environnement dominé par les injonctions religieuses et la pression du regard social.

Avec ce récit, Généus reste fidèle à une démarche qui fait sa force : filmer Haïti de l’intérieur, non comme décor d’effondrement, mais comme espace de contradictions, de dignité, de survie et d’humanité. Déjà avec Freda, la réalisatrice avait imposé une écriture cinématographique singulière, portée par des récits enracinés dans les réalités du pays et par une attention constante aux voix féminines, aux jeunesses fragilisées et aux tensions de classe.

La sélection de Marie Madeleine à Cannes 2026 dépasse ainsi le simple succès individuel. Elle représente aussi une visibilité précieuse pour le cinéma haïtien sur la scène mondiale, à un moment où les récits venus d’Haïti peinent souvent à circuler autrement que par le prisme de la crise. En choisissant Jacmel comme théâtre d’un affrontement entre morale publique, marginalité et secret intime, Généus inscrit son film dans une veine profondément humaine, où les corps, les croyances et les silences deviennent matière à cinéma.

Avec Marie Madeleine, Gessica Généus ne revient pas seulement à Cannes : elle y ramène une Haïti complexe, vivante et profondément humaine, portée par un cinéma qui refuse les clichés et choisit d’explorer, au plus près, les blessures et les résistances d’une société en tension.

Robenson Brutus

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