L’ONA veut moderniser sa communication pour mieux toucher la jeunesse haïtienne

Ariana Milagro Lafond et la DG de l'ONA, Lovely François, main dans la main pour une communication plus proche de la jeunesse haïtienne

À peine un mois après sa prise de fonction, la directrice générale de l’Office national d’assurance-vieillesse, Lovely François, pose les jalons d’une transformation profonde de l’institution. Sa rencontre avec Ariana Milagro Lafond, le 24 avril 2026, marque une étape symbolique dans la volonté de l’ONA de s’ouvrir aux nouvelles générations à travers une communication modernisée et résolument tournée vers le numérique.

PORT-AU-PRINCE — L’Office national d’assurance-vieillesse (ONA) entend changer de visage. La directrice générale de l’institution, Lovely François, a tenu le 24 avril 2026 une rencontre stratégique avec Ariana Milagro Lafond, autour d’un partenariat visant à moderniser la communication institutionnelle de l’ONA et à tisser des liens plus solides avec la jeunesse haïtienne. Une démarche qui s’inscrit dans la vision réformatrice portée par la nouvelle direction depuis son installation officielle le 24 mars 2026.

Cette initiative intervient dans un contexte particulier. Installée il y a à peine un mois à la tête de l’ONA, Lovely François avait annoncé dès son entrée en fonction vouloir recentrer l’institution sur sa mission de service public, avec une attention particulière portée aux assurés et aux retraités. La modernisation de la communication représente, dans cette optique, un levier essentiel pour faire connaître les droits, les programmes et les services de l’ONA auprès d’une population souvent mal informée.

Âgée de 32 ans, Lovely François incarne elle-même ce renouveau générationnel. Diplômée en comptabilité de l’INAGHEI (UEH) et titulaire d’une maîtrise en finance et comptabilité de l’Alabama State University, elle apporte une vision stratégique tournée vers la modernisation, la transparence et la performance. Sa rencontre avec Ariana Milagro Lafond s’inscrit directement dans cette trajectoire : faire de la communication un instrument au service de la mission sociale de l’ONA, et non plus une simple vitrine institutionnelle.

Selon les informations communiquées par l’institution, l’objectif de ce partenariat est double. Il s’agit d’abord de renforcer la visibilité de l’ONA auprès des jeunes Haïtiens, une tranche de la population peu familière avec les mécanismes de sécurité sociale. Il s’agit ensuite de bâtir un lien de confiance durable, en adaptant les messages, les formats et les canaux aux habitudes numériques des nouvelles générations. Réseaux sociaux, contenus interactifs, plateformes mobiles : la direction entend investir ces espaces pour informer, sensibiliser et mobiliser.

Cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large. Dès son discours inaugural, Lovely François avait affirmé que l’ONA n’est pas une institution comme les autres : elle est un pilier de la protection sociale, un garant de la dignité des travailleurs et un symbole du contrat social entre l’État et ses citoyens. Moderniser la communication, c’est donc aussi rappeler à chaque jeune travailleur haïtien l’existence et l’utilité d’un système qui le protège, aujourd’hui et demain.

Sur le plan opérationnel, la nouvelle direction a également annoncé le renforcement de programmes existants tels qu’ONA Police et ONA Fanm, ainsi que le lancement d’initiatives en faveur des groupes les plus vulnérables. À moyen terme, l’institution envisage de doter chaque travailleur d’une carte de sécurité sociale. Autant de chantiers qui nécessitent une communication efficace pour atteindre leurs cibles.

Quelques jours après sa prise de fonction, Lovely François avait d’ailleurs entamé une tournée dans plusieurs bureaux de l’institution, notamment à Delmas 31, Delmas 83, à la SONAPI et à Tabarre, afin d’évaluer les conditions de travail et d’améliorer les services sur le terrain. Cette proximité avec les réalités opérationnelles nourrit désormais sa réflexion sur la communication, conçue non comme un exercice de relations publiques, mais comme un outil de transformation sociale.

Dans un pays où la jeunesse représente la majorité de la population active et où la défiance envers les institutions publiques reste profonde, le pari de l’ONA est ambitieux. Il suppose non seulement de moderniser les outils, mais aussi de changer en profondeur la culture institutionnelle, en plaçant le citoyen et en particulier le jeune citoyen au centre de chaque message et de chaque initiative.

À travers ce partenariat, l’ONA envoie un signal clair : l’institution se réinvente, et elle compte sur la jeunesse haïtienne non seulement comme bénéficiaire de ses services, mais comme actrice de sa propre transformation sociale. Un changement de paradigme qui, s’il se concrétise, pourrait redéfinir durablement le rapport des Haïtiens à leur système de protection sociale.

Robenson Brutus

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