Le Collectif des Avocats pour la Défense des Droits de l’Homme (CADDHO) a condamné, vendredi, l’attaque menée par des hommes lourdement armés contre le commissariat de Marchand-Dessalines, dans le département de l’Artibonite, appelant l’État haïtien à prendre des mesures urgentes pour protéger les populations de la région.
Dans une note datée du 8 mai 2026, le CADDHO a exprimé sa « profonde consternation » face à la destruction de cette infrastructure policière, survenue dans un contexte qu’il qualifie de « négligence » des autorités judiciaires et policières. L’organisation estime que les habitants de Jean-Denis, de Marchand-Dessalines et des zones environnantes vivent désormais dans une peur constante face à la progression des groupes armés.

Le collectif dit se tenir aux côtés des familles affectées et salue le courage des citoyens de Saint-Marc, qui mènent des manifestations pacifiques pour réclamer la sécurité et le respect de leurs droits fondamentaux. Pour le CADDHO, l’attaque d’un commissariat, symbole de la présence de l’État, constitue un signal préoccupant dans une région déjà fragilisée par l’insécurité.
« Le peuple haïtien ne peut plus souffrir », affirme l’organisation dans son document, qui interpelle directement le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, l’exhortant à faire de la sécurité de tous les Haïtiens une priorité absolue. Le CADDHO critique les déplacements officiels et les rencontres internationales du chef du gouvernement, estimant que la crise sécuritaire interne exige une attention immédiate.
Le collectif appelle l’État à agir « rapidement » pour éviter une aggravation de la situation dans l’Artibonite, estimant que l’heure n’est plus aux déclarations, mais à des mesures concrètes capables de restaurer l’autorité publique dans les zones livrées aux groupes armés.
L’attaque contre le commissariat de Marchand-Dessalines met en lumière la vulnérabilité des institutions publiques dans l’Artibonite et l’urgence, pour l’État haïtien, de répondre à la détresse d’une population qui réclame le droit de vivre en sécurité.
Robenson Brutus