États-Unis : Trump annule au dernier moment la signature d’un décret sur l’IA et la cybersécurité

États-Unis : Trump annule au dernier moment la signature d'un décret sur l'IA et la cybersécurité

Washington, 22 mai 2026 — Le président américain Donald Trump a annulé jeudi la signature d’un décret très attendu sur l’intelligence artificielle et la cybersécurité, quelques heures à peine avant une cérémonie prévue à la Maison Blanche avec des dirigeants du secteur technologique. Le chef de l’État a expliqué avoir pris cette décision parce qu’il « n’aimait pas certains aspects » du texte, estimant qu’il risquait de nuire à la compétitivité américaine. « Nous sommes en tête face à la Chine, en tête face à tout le monde, et je ne veux rien faire qui puisse entraver cette avance », a-t-il déclaré à la presse.

Le décret devait instaurer un processus de révision volontaire des modèles d’intelligence artificielle avant leur mise sur le marché, avec un délai pouvant aller jusqu’à 90 jours pour permettre aux agences fédérales d’en évaluer les risques en matière de sécurité. Le Bureau du directeur national de la cybersécurité (ONCD) et d’autres agences auraient été chargés de mettre en place ce dispositif d’évaluation dans un délai de 60 jours.

Le projet prévoyait également la création d’une « chambre de compensation » associant le Trésor, d’autres agences et des entreprises du secteur de l’IA, afin de détecter et corriger les failles de sécurité dans des modèles non encore publiés. Le texte prévoyait par ailleurs un renforcement des recrutements de spécialistes en cybersécurité et en IA, alors que l’Agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA) a subi d’importantes coupes budgétaires ces derniers mois.

Ce revirement marque une inflexion notable pour une administration qui avait jusqu’ici privilégié une approche de non-intervention vis-à-vis de l’IA. Le contexte a changé depuis qu’Anthropic a dévoilé son modèle Mythos, capable d’exploiter des failles de cybersécurité à une vitesse sans précédent. Selon plusieurs sources, une raison officieuse aurait également pesé dans la décision : un nombre insuffisant de dirigeants d’entreprises technologiques pouvaient se déplacer à Washington dans les délais impartis, rendant la cérémonie peu opportune sur le plan médiatique.

Pour ses partisans, l’examen préalable des modèles d’IA devait permettre de mieux anticiper les menaces pesant sur des secteurs critiques tels que les banques, les hôpitaux et les réseaux électriques. Pour ses opposants, tout mécanisme de supervision même volontaire risquait de ralentir l’innovation et de conférer un avantage stratégique à la Chine. Ce report crée une incertitude sur la manière dont l’administration Trump entend répondre à une nouvelle génération de modèles d’IA particulièrement puissants. La Maison Blanche n’a pas annoncé de nouvelle date pour la signature du décret.
Robenson Brutus

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