États-Unis / Immigration: Les avocats de Dimitri Vorbe dénoncent un transfert « illégal » et réclament son retour en Floride

Une tour de guet surplombe le périmètre clôturé et barbelé d'un centre de détention aux États-Unis. Illustration. (Presslakay)

Washington, 23 juin 2026 (Presslakay) – Les avocats de l’homme d’affaires haïtien Dimitri Vorbe, 52 ans, ont déposé lundi 22 juin une motion d’urgence accusant les services américains de l’immigration (ICE) d’avoir violé une ordonnance judiciaire en le transférant du centre de rétention de Krome, près de Miami, vers l’Adams County Correctional Center de Natchez, dans le Mississippi — en dépit d’une interdiction explicite lui interdisant tout déplacement hors du district fédéral du sud de la Floride tant que sa demande d’examen judiciaire est pendante.

Détenu depuis son arrestation le 23 septembre 2025, M. Vorbe faisait partie des détenus évacués de Krome après que des feux de brousse, ayant ravagé plus de 8 000 hectares dans le comté de Miami-Dade à la suite d’un orage, se sont rapprochés de l’établissement. Selon ses avocats, si d’autres détenus ont été redirigés vers des centres fédéraux du sud de la Floride, M. Vorbe, lui, a été envoyé au Mississippi sans préavis à ses conseils, malgré leurs appels et courriels rappelant aux autorités l’interdiction judiciaire en vigueur.

Un avocat du gouvernement américain, John Ghannam, a d’abord affirmé ne pas être informé du transfert, avant de confirmer que les détenus de Krome, dont M. Vorbe, avaient été évacués « en urgence » en raison des incendies. La défense a néanmoins maintenu que ce déplacement violait l’ordonnance du juge fédéral Darrin P. Gayles, et demande à la justice soit le retour immédiat de M. Vorbe en Floride pour que sa requête en habeas corpus puisse être examinée, soit sa remise en liberté. Les avocats sollicitent une décision avant le 30 juin.

L’entrepreneur haïtien fait l’objet d’une procédure d’expulsion fondée sur un motif rarement invoqué de la loi américaine sur l’immigration, qui permet au secrétaire d’État d’ordonner une expulsion pour des raisons de politique étrangère. Dans un mémorandum cité dans la procédure, Marco Rubio accuse M. Vorbe d’avoir « mené une campagne de violence et de soutien aux gangs ayant contribué à la déstabilisation d’Haïti ». Son avocat, Mark Prada, conteste non pas l’autorité du secrétaire d’État à formuler une telle accusation, mais l’absence, selon lui, de toute preuve concrète à son appui.

L’affaire intervient après l’échec, en mai dernier, d’un accord qui devait permettre l’expulsion de M. Vorbe vers la République dominicaine un projet auquel les autorités dominicaines s’étaient opposées. M. Vorbe a par ailleurs une audience en personne prévue le 10 juillet dans son dossier d’immigration, au centre de Krome. Le juge Gayles n’a pour l’instant pas tranché la demande de libération ou d’audience de mise en liberté sous caution présentée par la défense plus tôt ce mois-ci.

Suivie de près par la communauté haïtienne, l’affaire Vorbe pourrait constituer un nouveau test sur le respect des garanties procédurales dans les dossiers d’immigration aux États-Unis, alors que les tribunaux fédéraux font face à un afflux sans précédent de requêtes en habeas corpus depuis le durcissement de la politique migratoire de l’administration Trump.

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