Haïti rend hommage aux victimes du massacre de la Ruelle Vaillant, trente-huit ans après, dans un contexte marqué par l’instabilité politique dans la nation francophone de la communauté des Caraïbes, aggravée ces dernières semaines par des luttes intestines au sein du gouvernement de transition. Qu’en est-il de l’ordre démocratique pour lequel tant de sang a été versée dans la République ?
Alors que cet événement sanglant, orchestré à la Ruelle Vaillant, le 29 novembre 1987, sous la présidence du Conseil National de Gouvernement (CNG) dirigé par le général Henri Namphy, constitue le sacrifice ultime du peuple haïtien avide de démocratie, ce régime politique vacille en Haïti où les droits fondamentaux de la population demeurent bafoués, et où la violence semble legitimée pour capoter toutes revendications populaires.
Nous sommes au 29 novembre 2025, soit trente-huit ans après, Haïti fait face à une crise multidimensionnelle sans précédente, aggravée par une insécurité persistante. Aucune élection n’a eu lieu dans le pays depuis 2016, soit environ neuf ans depuis que toutes les institutions démocratiques sont dysfonctionnelles dans la nation francophone de la communauté des Caraïbes qui peine encore à instaurer un ordre démocratique.
Alors que la crise persiste et dégénère avec l’intensification des actes de violences perpétrées un peu partout, des transitions s’enchaînent au fil des ans sans apporter de réels changements dans le climat politique qui s’assombrit un peu plus chaque jour dans la République. Le pays n’est pas gouverné, ou du moins il semble dirigé par des forces obscures qui planifient sa perte, son grand saut dans l’abîme sans fond.
Si trente-huit ans auparavant, l’acte barbare a été orchestré par des forces réactionnaires et conservatrices qui voulaient perpétuer l’héritage autoritaire du régime des Duvalier, contre une population assoiffée de changement, de renouveau, les violences qu’elle subies aujourd’hui témoignent de l’emprise de ces mêmes forces sur le pays. Elles se servent de l’instabilité pour garder le peuple haïtien dans la captivité. Leur formule :
Aujourd’hui, c’est un Conseil Présidentiel de Transition (CPT) qui est placé aux timons des affaires, et qui est sensé organiser les élections libres et inclusives en Haïti. Environ dix-neuf mois après son installation, la structure présidentielle peine dans la démarche, et tout indique que le pays devrait connaître une autre transition. C’est l’histoire qui se répète encore et encore.
Entre instabilité politique chronique et climat d’insécurité généralisé en Haïti, la démocratie vacille dans la nation francophone de la communauté des Caraïbes, et ce ne sont pas les récentes luttes intestines au sein du gouvernement de transition qui indiquent que nous sommes sur la bonne voie pour un retour à l’ordre démocratique. Loin de là.

