Le Collectif Nou Pap Konplis a dénoncé le contrat signé par l’État haïtien avec la société Vectus Global, dirigée par Erik Prince.
Depuis que des informations relayées par la presse étrangère ont révélé que l’État haïtien a signé un contrat avec la société Vectus Global, dirigée par Erik Prince, nombreuses sont les voix qui se lèvent pour dénoncer cet accord avec des mercenaires étrangers dans la plus grande opacité. D’après Miami Herald, le contrat qui engage la société confierait à cette dernière la gestion de la sécurité des frontières d’Haïti avec la République dominicaine et la collecte des recettes douanières pour une durée de dix ans.
Dans un communiqué publié lundi l’organisation de vigie citoyenne Nou Pap Konplis a convergé sa voix à celle de beaucoup d’autres pour dénoncer avec force le contrat signé par l’État haïtien avec la société Vectus Global, dirigée par Erik Prince, dans la plus grande opacité.
« Cet accord, conclu sans consultation ni transparence, constitue un mépris flagrant envers le peuple haïtien et une violation grave de notre souveraineté nationale.» a écrit l’organisme, tout en soulignant que la présence de mercenaires étrangers dans le pays depuis plusieurs mois déjà n’a apporté le moindre résultat.
« Les gangs continuent de s’accaparer des territoires sans que leurs chefs soient inquiétés. Ce qui montre le recours à des mercenaires sur le terrain n’a eu aucun impact réel.» a-t-il ajouté.
Parallèlement, Nou Pap Konplis a pointé du doigt les autorités du gouvernement estimant que ces dernières n’ont jamais apporté la moindre explication officielle sur ce dossier. Selon l’organisation de vigie citoyenne, cette situation a créé un flou juridique entourant le contrat.
« Nous exigeons du gouvernement des explications claires sur ce contrat : sa durée, sa mission, ses implications juridiques en cas de violations, et surtout le montant engagé, car il s’agit de l’argent du peuple haïtien. » a soutenu l’organisme, rappelant aussi les nombreuses dérivés de la société Vectus Global en Irak.
Après avoir fait fortune dans les zones grises des conflits armés, au Moyen-Orient, la société militaire d’Erik Prince, Blackwater, serait désormais engagé dans la lutte contre les gangs en Haïti, selon un article publié par le New York Times, en juin dernier.
L’information a suscité la controverse dans la nation des Caraïbes minée par l’insécurité persistante où plusieurs personnalités et organisations continuent d’exiger des explications. Récemment, le conseiller- président Fritz Alphonse Jean a laissé entendre qu’il n’est pas au courant de ce dossier, et avait profité pour interpeller le chef du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé.
