Environ trois semaines après le massacre orchestré au Wharf Jérémie, commune de Cité Soleil, faisant plusieurs centaines de morts, aucune reponse concrète n’est encore donnée par les forces de l’ordre. Face à cette situation, le Binuh a déclaré que “Nous ne pouvons pas faire comme si de rien n’était”.
Trois après le carnage qui a coûté cruellement la vie à plus de 200 personnes, âgées pour la plupart de plus de 50 ans, au Wharf Jérémie, à Cité Soleil, une commune du département de l’Ouest, les autorités concernées semblent tourner la page pour vaquer à leurs occupations quotidiennes alors que la famille des victimes réclament justice. Constatant le laxisme des autorités haïtiennes, le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) a exhorté ces dernières à mener une enquête approfondie sur ces crimes horribles et à arrêter et punir leurs auteurs.
“Nous ne pouvons pas faire comme si de rien n’était. J’appelle la justice haïtienne à mener une enquête approfondie sur ces crimes horribles et à arrêter et punir leurs auteurs, ainsi que les individus qui les appuient. J’appelle aussi les autorités à installer le plus rapidement possible un pôle judiciaire spécialisé pour traiter ce type de crime.” a écrit dans un communiqué le Binuh.
“Depuis longtemps, ni les forces de police, ni les autorités judiciaires, ne sont intervenues à Wharf Jeremie. Les exactions commises par les membres de gangs y restent généralement impunies. Le 12 décembre dernier, le Premier Ministre a néanmoins instruit le ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, et le chef de la Police judiciaire, de déployer toutes les ressources nécessaires pour appréhender les auteurs de ce crime.” a ajouté l’instance dirigée par la représentante spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies, Mme. Maria Isabel Salvador
En effet, depuis le massacre orchestré durant plusieurs jours dans cette localité vulnérable de la région métropolitaine, des organismes de droits humains locaux et même certains au niveau international ont déploré vivement les crimes horribles. En réaction, le Premier Ministre, Alix Didier Fils-Aimé avait annoncé qu’une réponse robuste sera donnée aux auteurs afin que justice soit faite. Plusieurs semaines après, rien n’indique qu’une telle mesure soit prise.
Entre le 6 et 11 décembre 2024, le bandit notoire dénommé Micanor Altes qui a pris d’assaut Wharf Jérémie a exécuté sommairement plusieurs centaines de personnes, âgées pour la plupart de plus de 50 ans. Le chef de gang a accusé ses victimes d’avoir pratiqué le vodou et être responsable de la maladie mortelle de son fils.
Selon le dernier bilan fourni par le rapport d’enquête des Nations Unies, ce lundi, 207 personnes, dont 134 hommes et 73 femmes, ont été tuées dans la zone. Traquées à leur domicile et dans un lieu de culte, elles ont été emmenées dans le fief du gang où elles ont été tenues en captivité et interrogées, à l’intérieur d’un prétendu centre de formation.
D’après le BINUH, les victimes ont été par la suite conduites vers un site d’exécution se trouvant à proximité où elles ont été abattues et tuées à coup de machettes.
“Le gang armé criminel avait tenté d’effacer toute preuve en brûlant les corps ou en les démembrant pour ensuite les jeter à la mer.” a expliqué l’organisme des Nations Unies dans le communiqué, soulignant que ce massacre survient dans un contexte alarmant de violences et de violations et d’abus des droits de l’homme en Haïti.
Selon le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), depuis le début de l’année 2024, plus de 5350 personnes ont été tuées et plus de 2,155 autres blessées dans les actes de violences perpétrées par les gangs armés criminels qui terrorisent quotidiennement la population haïtienne. Depuis 2022, le nombre total des morts est porté à 17 000, à en croire l’organisme de l’ONU.