C’est dans les cas de force majeure que les grandes décisions se prennent, et parler de grandes décisions revient à aborder l’épineuse question sur la réponse qu’il faut donner aux gangs armés terroristes qui prennent d’assaut la capitale haïtienne. Un défenseur de droits humains, qui donnait son avis, a soutenu “qu’il faut les tuer”.
Alors que l’insécurité bat son plein dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince ainsi que dans d’autres villes de province, c’est toute la population haïtienne qui attend et espère encore une réponse aux violences perpétrées par les bandes terroristes. Si des organismes de droits humains travaillant en Haïti et d’autres dans le pays comme partout ailleurs laissent croire que la violence ne peut résoudre la violence, cette idée largement partagée ne fait pourtant pas unanimité.
Intervenant sur les ondes de la Radio Télévision Caraïbes, ce lundi 17 mars 2025, le Directeur Éxécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Pierre Espérance a exhorté les forces de l’ordre à tuer les individus lourdement armés pour neutraliser une fois pour toute les gangs qui terrorisent quotidiennement la population haïtienne.
“Nous sommes arrivés à un point où nous pouvons plus supporter les violences perpétrées par les gangs armés. C’est la raison pour laquelle nous exhortons les autorités concernées à s’entendre là dessus. Il faut les tuer, les éliminer quand ils sont pris en flagrant délit” a déclaré le défenseur des droits humains.
“Les gangs terroristes attaquent tout le temps la population civile. Cette dernière doit accompagner la Police Nationale pour tuer les individus lourdement armés.” a-t-il insisté.
La déclaration du Directeur Éxécutif du RNDDH survient dans un contexte où diverses organisations locales de défense des droits humains sont accusées de prendre partie pour les gangs terroristes au détriment de la vie de la population qu’ils détruisent au quotidien.
Alors qu’une Task Force a été mise sur pied pour neutraliser les bandes criminelles dans leurs bastions, en utilisant des drones explosifs, des organisations de défense des droits humains dénoncent l’usage par les forces de l’ordre de cet arme létal. Elles ont estimé qu’il peut engendrer davantage de dommages collatéraux quand ce n’est pas les gangs terroristes qui s’en accaparent pour intensifier leurs violences contre une population désarmée.
Critiqué d’habitude pour ces prises de position notamment en ce qui concerne le mode opératoire du commissaire du gouvernement de Miragoane, dans le Nippes, dans la lutte contre le grand banditisme, M. Espérance a estimé que les individus lourdement armés ne doivent plus se permettre de tuer comme bon leur semble, et que par conséquent, ils doit-être neutraliser.
“À chaque fois que les brigades mises sur pied pour protéger les zones et les agents de l’ordre stoppent un bandit terroriste, ce sont plusieurs dizaines de personnes qu’ils ont sauvées” a soutenu le Responsable du Réseau National de Défense des Droits Humains.
Par ailleurs, M. Espérance a évoqué les récentes ripostes de la Police Nationale d’Haïti (PNH), accompagnée par les brigades mises sur pied pour protéger les zones ciblées par les gangs terroristes. Le défenseur des droits humains a indiqué que ces attaques aux drones explosifs ont permis de stopper pas moins d’une cinquantaine d’individus armés.
M. Espérance a confirmé que la récente opération des forces de l’ordre au Centre-ville a permis d’éliminer une vingtaine de bandits du gang terroriste “5 Secondes”, dirigé par le bandit notoire Johnson André alias Izo.