Le président dominicain, Luis Abinader a annoncé dimanche une quinzaine de nouvelles mesures pour durcir sa politique contre la migration irrégulière haïtienne, soulignant vouloir « protéger ainsi la République dominicaine et garantissant le respect des lois du pays ».
L’une des politiques que le président dominicain, Luis Abinader, prend très au sérieux depuis son élection en République Dominicaine, est la question migratoire. Il multiplie les mesures contre les migrants haïtiens jugés illégaux en terre voisine. Il renforce constamment la sécurité au niveau de la frontière haitiano-dominicaine.
C’est dans ce même ordre d’idée que le chef de l’État dominicain a annoncé dimanche une quinzaine de nouvelles mesures pour durcir sa politique contre la migration irrégulière haïtienne, soulignant vouloir « protéger ainsi la République dominicaine et garantissant le respect des lois du pays ».
« Les Dominicains sont préoccupés par la menace posée par Haïti, la migration irrégulière qu’elle provoque et le fardeau que cela représente pour les hôpitaux et les écoles du pays, ainsi que les risques sécuritaires et l’impact sur l’économie.» a-t-il déclaré dans un message au peuple dominicain.
Parmi les mesures prises par le président du pays voisin figurent une extension de la capacité de supervision des trois brigades frontalières en six zones opérationnelles, chacune sous la supervision d’un officier supérieur ; le déploiement de 1.500 soldats supplémentaires affectés à la surveillance des frontières.
Abinader a annoncé aussi l’accélération de la construction du mur frontalier, mais aussi la soumission d’un projet de réforme du cadre juridique actuel en matière d’immigration au Congrès national. Il s’agit d’une réforme qui vise à durcir les sanctions contre les fonctionnaires du gouvernement, civils et militaires, qui facilitent ou participent à l’entrée d’immigrants sans papiers.
« Nous savons qu’Haïti traverse l’heure la plus sombre de son histoire, en raison de multiples crises . Une crise sécuritaire, due aux bandes criminelles qui contrôlent son territoire ; une crise environnementale, due à la déforestation et au manque d’eau ; et une crise économique, due au manque de moyens de production », a souligné le président dominicain.
Dans le cadre des nouvelles mesures prises pour renforcer sa politique migratoire, Abinader a également annoncé l’intégration de 750 nouveaux agents d’immigration ; l’établissement de nouveaux bureaux de contrôle de l’immigration dans toutes les provinces pour étendre la capacité opérationnelle de la Direction générale de l’immigration (DGM).
Le président dominicain a annoncé la création d’un Observatoire Citoyen sur le Fonctionnement de la Politique Migratoire pour contrôler son respect et proposer des mesures correctives à la société civile. Il a aussi mis l’accent sur une modification des règles de fonctionnement du marché pour garantir qu’il soit ouvert au commerce, mais pas à l’immigration irrégulière.
Abinader a également évoqué la création du Bureau du Procureur Spécialisé pour les Affaires d’Immigration via le Bureau du Procureur Général de la République (PGR). Il a aussi soutenu la dominicanisation de l’emploi dans la discussion salariale tripartite en promouvant une augmentation de 25% dans les zones franches et une augmentation de 30% dans le secteur du tourisme.
Alors qu’il a annoncé ces mesures, le chef de l’État dominicain a condamné le fait que, pendant trop longtemps, les avertissements ont été ignorés, la frontière est restée vulnérable, les lois n’ont pas été appliquées et le problème a été laissé pourrir sans réponses, sans solutions, sans leadership.
« Cela m’a achevé. Car diriger, c’est assumer le coût de faire ce qui est juste, alors qu’il est plus facile de fermer les yeux. Aucun gouvernement n’a jamais agi avec la même fermeté de responsabilité que nous agissons aujourd’hui ! » a-t-il déclaré.