La majorité des juges de la Cour suprême américaine ont affiché un scepticisme marqué mercredi à l’égard de la tentative du président Donald Trump de mettre fin au droit du sol, lors d’une audience exceptionnelle à laquelle le chef de l’État lui-même a assisté une première dans l’histoire constitutionnelle des États-Unis.
Trump est devenu le premier président en exercice à assister à des plaidoiries devant la plus haute juridiction du pays, dans une affaire au retentissement considérable pour des millions d’immigrants et leurs enfants nés sur le sol américain.
L’audience, d’une durée de plus de deux heures, portait sur la légalité d’un décret exécutif signé dès le premier jour du second mandat de Trump, le 20 janvier 2025, visant à supprimer la citoyenneté automatique accordée aux enfants d’immigrants en situation irrégulière ou en séjour temporaire légal aux États-Unis. Depuis sa promulgation, chaque tribunal fédéral saisi de la question avait jugé ce décret contraire à la Constitution, empêchant son entrée en vigueur.
Plusieurs juges, y compris des magistrats nommés par Trump lui-même, ont vigoureusement remis en cause les arguments de l’administration. Le juge en chef John Roberts a répondu sèchement à la thèse gouvernementale selon laquelle « nous sommes dans un monde nouveau » : « C’est la même Constitution. » Le juge Brett Kavanaugh a quant à lui relevé que le Congrès aurait pu employer un libellé différent dans les lois de 1940 et 1952 s’il avait voulu exclure les enfants d’immigrants illégaux ou temporaires du bénéfice de la citoyenneté.
Après avoir quitté la salle d’audience, Trump a publié un message sur Truth Social en majuscules, affirmant que les États-Unis sont le seul pays « assez stupide » pour maintenir le droit du sol. Une décision définitive de la Cour est attendue d’ici début de l’été.