Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a été reçu jeudi par le pape Léon XIV au Palais apostolique, dans l’optique d’apaiser les tensions provoquées par les attaques répétées de Donald Trump contre le souverain pontife, sur fond de guerre au Moyen-Orient et de politique migratoire.
CITÉ DU VATICAN — Marco Rubio, lui-même fervent catholique, est arrivé peu avant 11h15 au palais apostolique pour une audience à huis clos d’environ 45 minutes avec le souverain pontife. Il devait ensuite s’entretenir avec le secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin, selon Vatican News.
Loin de l’euphorie des premiers jours, alors que l’administration Trump se félicitait de l’élection il y a un an du premier pape américain de l’Histoire, les relations avec le Saint-Siège se sont sérieusement dégradées. Mi-avril, le président américain a surpris en s’en prenant à Léon XIV, qu’il a qualifié de « faible » face à la criminalité et « nul » en matière de politique étrangère, suscitant l’indignation des catholiques et de plusieurs chefs d’État.
Lundi encore, Trump a affirmé dans un entretien avec un podcasteur conservateur que Léon XIV pensait que ce ne serait pas un problème que l’Iran ait l’arme nucléaire, accusant le pape de mettre en danger beaucoup de catholiques et beaucoup de gens. Le pape a répondu que l’Église s’oppose depuis des années à toutes les armes nucléaires, sans distinction.
Avant son déplacement, Rubio s’est attaché à relativiser les récentes diatribes du président américain envers le pape. « C’est un voyage que nous avions prévu auparavant et il s’est évidemment passé des choses », a-t-il assuré mardi lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche.
Le dossier cubain devrait également être abordé lors de ces entretiens. Le Saint-Siège joue depuis longtemps un rôle actif dans la diplomatie concernant Cuba, et Marco Rubio dont les parents sont d’origine cubaine a dirigé les efforts de l’administration Trump pour faire pression sur le gouvernement de La Havane.
Le pape Léon XIV recevra également le même jour le Premier ministre polonais Donald Tusk. Léon XIV, âgé de 70 ans, célébrera vendredi sa première année à la tête des 1,4 milliard de catholiques dans le monde.
Entre crise diplomatique et opération de réconciliation, la visite de Rubio au Vatican constitue un test pour les relations entre Washington et le Saint-Siège à un moment où les tensions sur le Moyen-Orient restent vives.