TPS Haïti : des agents ICE reçoivent l’ordre de ne pas arrêter immédiatement les Haïtiens ayant perdu leur statut

TPS Haïti : des agents ICE reçoivent l'ordre de ne pas arrêter immédiatement les Haïtiens ayant perdu leur statut

Washington, 6 août 2026 (Presslakay) — Des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) ont reçu pour consigne de ne pas procéder, pour l’instant, à l’arrestation des ressortissants haïtiens dont le Statut de Protection Temporaire (TPS) a expiré, ont révélé jeudi deux sources proches du dossier au magazine Newsweek.

L’information a été confirmée par un responsable actuel de l’ICE ainsi que par un ancien haut fonctionnaire de l’agence, tous deux ayant requis l’anonymat, n’étant pas autorisés à s’exprimer sur des directives internes. Une exception demeure toutefois : les Haïtiens visés par une ordonnance définitive d’expulsion resteraient exposés à une arrestation dans le cadre des opérations habituelles.

La durée de cette directive et son application à l’échelle nationale restent incertaines. Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) a refusé de commenter des opérations en cours ou à venir.

Une décision de la Cour suprême aux lourdes conséquences

Cette pause dans l’application des mesures intervient après la décision de la Cour suprême dans l’affaire Mullin v. Doe, rendue en juin dernier par six voix contre trois. Les juges ont estimé que les tribunaux fédéraux n’ont généralement pas compétence pour réexaminer les décisions du DHS mettant fin à une désignation TPS une décision qui touche environ 350 000 Haïtiens. La date d’expiration du statut, initialement fixée au 27 juillet, avait été partiellement prolongée jusqu’au début du mois d’août. Un juge fédéral a confirmé mercredi que les protections ne sont désormais plus en vigueur.

Convocations et bracelets électroniques sur le terrain

Sur le terrain, notamment à Springfield, dans l’Ohio, des détenteurs de TPS ont reçu des « DHS Call-In Letters » les convoquant dans les bureaux de l’ICE. Une fois sur place, certains sont interrogés puis équipés d’un bracelet de surveillance électronique (GPS). Une cinquantaine de personnes auraient été convoquées en une seule journée, selon des organisations d’accompagnement locales.

Le DHS maintient sa position, qualifiant le TPS de programme ayant fonctionné comme une « amnistie de facto » et encourageant les personnes concernées à quitter volontairement le territoire.

Réactions

L’avocat Geoff Pipoly, qui représentait les plaignants haïtiens devant la Cour suprême, a dénoncé un sentiment de « trahison » chez ses clients, rappelant qu’ils avaient transmis leurs données personnelles au gouvernement en échange d’un engagement de protection tant que la situation en Haïti resterait dangereuse.

Krish O’Mara Vignarajah, présidente de Global Refuge, a salué la pause dans les arrestations tout en soulignant qu’elle « n’efface pas le préjudice » causé par la perte du statut légal pour des centaines de milliers de personnes intégrées à la vie américaine.

Et maintenant ?

Selon Me Pipoly, la bataille judiciaire est loin d’être close : si la Cour suprême a tranché une question de principe, elle a ouvert la voie à environ 350 000 situations individuelles encore incertaines.

La Rédaction de Presslakay

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